Avec intervention de Laurent Grison :

conférence publique (critique d'art) intitulée Ecrire / décrire,

11 mai 2019

www.laurentgrison.com


Olé ! magazine a vu :

http://www.ole-mag.com/actualite-culturelle-beziers-patricia-stheeman-une-nouvelle-experience-esthetique-35-254.html#item_olea

PATRICIA STHEEMAN 
UNE NOUVELLE EXPÉRIENCE ESTHÉTIQUE 
Faire/défaire le paysage, tel est l'enjeu de la pratique du dessin de Patricia Stheeman visant à la fois à envisager et dévisager l'horizon. 
Héritière en cela du travail de couturière stoppeuse de sa mère qui faisait, défaisait, refaisait la trame du tissu qu'elle œuvrait, l'artiste trace des contours de clichés photographiques, grâce à son Rotring, instrument qui permet d'atteindre une finesse du trait, s'approchant du maillage de la dentelle qui mêle, grâce aux papiers collés, toute l'esquisse d'un panorama, dans l'écriture obsessionnelle de ces fragments qu'elle rassemble en autant de détails de ces perspectives traversées par son regard formant une réalité réinventée. Alors, le dessin réalisé dans ces grands formats qu'elle expose devient à son tour support de projection de l'ombre et de la lumière d'un vaste décor de traits qui donnent à voir une contrée luminescente. 
Cette rupture voulue avec l'attitude habituelle du visiteur impose dès lors une lenteur nécessaire pour voir, observer cette apparition toute en lumière. La pièce de l'exposition épouse ainsi l'alternance de la nuit et du jour ; de la nuit des visions projetées sur des pans de murs qui servent de toiles de fond et du jour de la récurrence des œuvres redécouvertes qui ont été utilisées en écrans de ce cinéma, telles les parois du Mythe de la Caverne de Platon. Au-delà d'un dessin d'animation vidéo, le visiteur pourra imaginer à sa guise autant de redéfinitions, de réinventions de ce même paysage, par les battements lumineux, dans une contemplation commune... 
Une invitation à affiner son regard, à s'imprégner de la beauté des tracés, à croiser une pluralité de techniques comme autant de redéploiements d'un dessin explorateur du monde ! 

 


Les "dé-constructions" de Patricia Stheeman à la Chapelle des Pénitents bleus

La Ville consacre une très belle exposition à l'artiste Narbonnaise à la chapelle des Pénitents bleus jusqu'au 23 juin.

C'est un hommage rendu par l'artiste à sa mère et à Germaine, une grand-mère voisine. Les deux femmes, qui habitaient rue d'Aubagne à Marseille étaient stoppeuses, un métier aujourd'hui disparu. Toutes deux redonnaient vie aux vêtements usés, reprenant fil à fil la trame du tissu. Et l'enfant regardait les deux couturières faire et défaire, dans une temporalité qu'elle interprète aujourd'hui. La trame est celle de l'art, qui permet à Patricia Stheeman de poursuivre sur la lancée de sa mère, créant sur de la soie ses propres constructions et déconstructions.

Battement de paupières

Patricia Stheeman met en lumière les paysages, ses béances et ses failles, les éclaire et les obscurcit en un battement de paupière. Car dans l'obscurité, le tableau revèle une nouvelle forme, obtenue avec une peinture luminescente. Les éléments eau, terre, ciel, horizon sont décomposés dans son langage de plasticienne. A Marseille, les maisons rue d'Aubagne s'effondrent, dans l'Aude, les ponts emportés par la furie des flots, en Syrie, les villes rasées par la barbarie de l'homme. Constructions et déconstructions se heurtent en quelques secondes, par ce battement de paupières imaginé par l'artiste. Temps et profondeur, laideur et absurdité du monde sont brutalement confrontés à la lumière, fil ténu d'optimisme qui nous fait tenir debout. La pureté des lignes à l'encre de chine signe l'élégance et la subtilité du travail de cette artiste que les Narbonnais avaient découvert en 2013 dans l'exposition "Dessins racines et peintures nomades". Emouvant et profond.

Véronique Durand , l’Indépendant du 10/05/19

 


 

 


 

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